Culture Littérature Cameroun : Violences basées sur le genre, la loi...

Cameroun : Violences basées sur le genre, la loi du silence

-

S’il est indéniable de voir des femmes qui s’épanouissent dans leurs quotidiens, il existe cependant des femmes qui subissent toutes formes de violences dans leurs foyers.

Si les camerounais originaires de la partie septentrionale sont aujourd’hui dans leur majorité émerveillée par le succès sans précédent du roman « Les impatientes » de Djaïli Amadou Amal en lice pour le prix Goncourt, seulement une infime minorité est imprégnée par le message que délivre son livre qui dénonce la condition féminine dans le Sahel.

En effet, « Les impatientes » brisent les tabous sur les violences faites aux femmes : soumission, mariages forcées, polygamie et viol conjugal qui affligent la femme du Grand Nord sont au cœur de l’ouvrage.

A l’image de ce roman qui plonge ses lecteurs dans les réalités les plus intimes de l’agente féminines, les violences basées sur le genre sont une réalité peu perceptible et rarement dévoilé à la lumière du jour.

Dans une société où les pesanteurs socioculturelles ont la peau dure, empêchant parfois les dénonciations, ni les victimes encore moins les auteurs de ces faits se font projeter sur le devant de la scène.

Mariage précoce ou forcée, répudiation abusive, menace de divorce, abandon de femme et d’enfants, bastonnade sont familiers de plusieurs foyers dans la région de l’Adamaoua. C’est le cas de Djebbah, 26 ans qui fut précipitamment obligé de quitter le domicile familial.

Marié à l’âge de 14 ans à un moto taximan qui avait le double de son âge, le couple loue une chambre au quartier Gada Mabanga. Comme elle s’y attendait, le mariage a très vite tourné en mirage, subissant des violences physiques, psychologiques et morales, dans l’obéissance.

Au bout de 10 mois elle donna naissance à une fille. Le mari la répudia l’accusant d’adultère. Elle éleva seule sa petite fille jusqu’à ce que cette dernière atteigne l’âge de 6 ans.

Et c’est à ce moment que l’époux surgit pour arracher la petite fille de 6 ans laissant Djebbah apeuré et sans défense. Ce cas n’est que l’arbre qui cache la forêt, car le mal est profond et très répandue.

Si des efforts sont fournis pour l’épanouissement de la femme en particulier et de la famille de façon générale dans l’Adamaoua, il faut se le dire, beaucoup reste encore à faire.

Avec plus de 90 cas enregistrés pendant la période de Janvier à novembre 2020 à la Délégation régionale de la promotion de la femme et de la famille, le sujet est préoccupant pour des prises de décisions efficientes.

Aujourd’hui, nombres d’acteurs estiment qu’il faut aller au-delà des politiques à minima de sensibilisation et de plaidoyer de lutte contre mis en place par les autorités locales, des actions plus audacieuses doivent être pensé pour la sécurité de la femme.

Il faut mettre sur pied au niveau de chaque poste de police ou de gendarmerie un bureau de genre pour accueillir ces cas de victimes de violence basées sur le genre afin de trouver une solution et préservé leur dignité,

Note Dawa Joël, Délégué régional de la promotion de la femme et de la famille. Si les prédateurs de l’agente féminine ont accentué leurs pouvoirs néfastes, un signe d’espoir vient de plaintes de plus en plus nombreuses déposées dans les postes de gendarmeries et de polices pour des faits de violences conjugales.

Avec l’appui des femmes émancipées, qui occupent des hautes fonctions dans tous les secteurs de la vie et surtout grâce à l’œuvre de Djaïli Amadou qui se veut un instrument de combat une lueur d’espoir est toujours possible.

blank
Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

LES PLUS LUS

Dernières informations

- Advertisement -

ArticlesRELATED
Recommended to you