Science

Ces hormones sexuelles qui pourraient changer tout ce que nous savons sur certains cancers selon des experts éminents

Gérald Monnier Par Gérald Monnier
4 min de lecture
Ces hormones sexuelles qui pourraient changer tout ce que nous savons sur certains cancers selon des experts éminents
Illustration de la découverte d'un lien entre les hormones sexuelles féminines et certains cancers. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Découverte d’un mécanisme moléculaire liant les oestrogènes à certains cancers non hormono-dépendants.
  • Une incidence plus élevée de mélanomes chez les femmes en âge de procréer a été observée.
  • Mise en lumière d’une voie de signalisation pro-métastatique impliquant le récepteur GRPR.
  • GRPR, une nouvelle cible thérapeutique prometteuse pour freiner la progression des cancers.

Les récentes découvertes scientifiques ont révélé des liens inédits entre les hormones sexuelles féminines et l’aggravation de cancers généralement non classifiés comme hormono-dépendants. Cette avancée majeure, issue des travaux de l’Institut Curie, de l’Inserm et du CNRS, promet de bouleverser les approches thérapeutiques pour plusieurs types de cancers. Publiés dans la prestigieuse revue Nature, ces travaux soulignent l’importance de comprendre l’influence des oestrogènes sur des cancers tels que le mélanome, le cancer gastrique et le cancer de la thyroïde. Cette recherche offre non seulement de nouvelles perspectives pour le traitement de ces maladies chez les femmes en âge de procréer, mais elle met également en lumière la complexité de l’interaction entre les hormones et la progression tumorale.

Un rôle hormonal dans les cancers longtemps sous-estimé

Traditionnellement, environ 20 % des cancers mondiaux sont considérés comme hormono-dépendants. Cependant, la nouvelle étude remet en question cette classification. Les chercheurs ont découvert que certains cancers, notamment le mélanome, présentent une incidence plus élevée chez les femmes entre la puberté et la ménopause par rapport aux hommes du même âge. Cette période est marquée par une forte exposition aux oestrogènes, suggérant un rôle sous-estimé de ces hormones dans la progression de ces maladies. Les dermatologues avaient déjà noté une fréquence accrue des mélanomes chez les jeunes femmes, particulièrement après la grossesse. Le Dr Lionel Larue, directeur de recherche à l’Inserm, explique que l’étude visait à comprendre scientifiquement ce phénomène observé empiriquement. Ce cadre offre un nouvel éclairage sur la manière dont les hormones féminines peuvent influencer le développement de certains cancers.

« Le sucre détruit vos poumons » : cette étude choquante révèle des dégâts comparables à la cigarette sur votre santé respiratoire

Une boucle moléculaire pro-métastatique inédite

Les analyses ont permis de découvrir une voie de signalisation jusqu’alors ignorée, strictement dépendante de l’environnement hormonal féminin. Ce mécanisme implique le récepteur aux oestrogènes ESR1, qui induit l’activation du récepteur GRPR, menant à l’activation de la voie pro-métastatique YAP1. Cette voie réprime la E-cadhérine, une molécule d’adhésion cellule-cellule, favorisant ainsi la progression tumorale. Ce processus pro-métastatique favorise la croissance des tumeurs, la migration et l’invasion des cellules tumorales. La boucle est refermée par l’induction de la transcription de ESR1 après la réduction du niveau de ECAD, créant un cercle vicieux de progression tumorale. Ce mécanisme est particulièrement actif chez les femmes en raison de l’activation du récepteur ESR1 par les oestrogènes, illustrant comment les hormones peuvent exacerber la malignité de certaines tumeurs.

Opération de sauvetage historique : après 123 jours de suspense, ces satellites chinois déroutés récupérés grâce à une manœuvre spatiale inédite

Une nouvelle cible thérapeutique prometteuse

Le récepteur GRPR, impliqué dans ce mécanisme, appartient à la famille des récepteurs couplés aux protéines G (RCPG), qui représentent une part considérable des cibles médicamenteuses approuvées. Pourtant, ils sont sous-exploités en oncologie. Des essais précliniques utilisant des antagonistes spécifiques de GRPR ont montré une réduction significative des métastases. En plus de son rôle dans la progression tumorale, GRPR est impliqué dans la perception de la douleur, ce qui pourrait améliorer la qualité de vie des patientes. La mise en œuvre de thérapies combinatoires anti-oestrogéniques pourrait être une approche prometteuse pour traiter les mélanomes et d’autres cancers présentant cette boucle métastatique. Cette stratégie pourrait offrir une nouvelle voie pour améliorer les traitements oncologiques existants.

Les entreprises se l’arrachent : découvrez ces 10 métiers essentiels de France Travail qui bouleversent le marché de l’emploi et attirent les recruteurs

L’âge et le sexe au coeur de la médecine personnalisée de demain

Cette avancée scientifique met en lumière une nouvelle dimension des inégalités de sexe face au cancer et souligne l’importance d’intégrer les facteurs hormonaux et biologiques dans la médecine personnalisée. En réorientant des médicaments existants vers une utilisation en oncologie, elle offre des perspectives inédites pour le traitement des cancers chez les femmes. Mieux comprendre l’impact du sexe et de l’âge sur le développement de certains cancers est essentiel pour faire progresser la médecine de précision. Le Dr Lionel Larue conclut que ce travail jette les bases d’approches thérapeutiques innovantes, particulièrement bénéfiques pour les femmes. La question demeure : comment ces découvertes influenceront-elles les futures stratégies de traitement oncologique pour une médecine véritablement personnalisée ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.