Environnement

Les sites préhistoriques : « Ces découvertes bouleversent les archéologues » au cœur d’une urgence sous-marine

Hery Rakotomavo Par Hery Rakotomavo
4 min de lecture
Les sites préhistoriques : « Ces découvertes bouleversent les archéologues » au cœur d’une urgence sous-marine
Illustration de l'exploration des civilisations submergées par les mers du Nord et Baltique.

En bref

  • Des civilisations antiques ont prospéré sur des plaines désormais submergées par les mers du Nord et Baltique.
  • Le projet SUBNORDICA se hâte d’explorer ces régions avant que l’expansion des parcs éoliens ne limite l’accès.
  • Les chercheurs utilisent des technologies avancées comme la cartographie des fonds marins et des outils d’IA.
  • Ces recherches visent à mieux comprendre l’exploitation des ressources marines par les civilisations préhistoriques.

Il y a environ 8 000 ans, de vastes plaines qui abritaient des civilisations prospères ont été submergées par les mers du Nord et Baltique. Aujourd’hui, des scientifiques de plusieurs institutions européennes se lancent dans une étude majeure pour analyser ces régions et retrouver des traces de ces civilisations disparues. Cette initiative est d’autant plus pressante que ces zones sont également convoitées pour l’installation de parcs éoliens afin de lutter contre la montée des eaux. Le projet SUBNORDICA, dirigé par l’Université de Bradford et d’autres partenaires, vise à explorer ces terres englouties, notamment Doggerland, en utilisant des technologies de pointe.

Un passé englouti sous les mers

Il y a entre 8 000 et 6 000 ans avant notre ère, les mers du Nord et Baltique n’existaient pas. À la place, de vastes plaines accueillaient des civilisations humaines anciennes. La fin de la dernière période glaciaire a entraîné une montée des eaux, engloutissant ces régions et effaçant presque toutes les traces de ces sociétés. Vincent Gaffney, du Submerged Landscapes Research Centre, explique que le niveau mondial des mers était alors 130 mètres plus bas qu’aujourd’hui. Avec le réchauffement climatique et la montée des océans, ces paysages uniques ont disparu, emportant avec eux leur histoire.

Les recherches menées dans le cadre du projet SUBNORDICA ciblent ces terres disparues. Les chercheurs espèrent ainsi mieux comprendre les sociétés qui y ont vécu et comment elles ont exploité les ressources maritimes. Cette exploration est cruciale pour le développement durable des plateformes continentales, une priorité stratégique alors que l’Europe et le monde se rapprochent de la neutralité carbone.

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Technologies de pointe pour une exploration sous-marine

Le projet SUBNORDICA utilise des technologies avancées pour explorer les anciennes civilisations submergées. Parmi ces outils, on trouve la cartographie des fonds marins et la simulation informatique des établissements disparus. Les chercheurs utilisent également des outils d’IA, des relevés sismiques et acoustiques, ainsi que des forages pour recueillir des données. En mars, l’Université de Bradford a annoncé son intention d’analyser les données issues de relevés magnétométriques destinés à évaluer l’impact environnemental des futures initiatives d’énergie verte. Ces relevés peuvent identifier les zones de formation de tourbe ou les endroits où l’érosion a eu lieu.

Ces technologies offrent une opportunité sans précédent de révéler les secrets des civilisations englouties. Elles permettent d’établir une carte précise de ces paysages anciens et de cibler les investigations archéologiques dans les zones moins accessibles. Cette approche innovante est essentielle pour protéger et valoriser le patrimoine culturel submergé.

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Un enjeu stratégique face aux défis climatiques

Les scientifiques se hâtent de mener leurs recherches avant que l’expansion des infrastructures d’énergie verte ne restreigne l’accès à ces zones. Actuellement, la plateforme continentale fait l’objet de développements pour l’installation de parcs éoliens offshore. Cette expansion est nécessaire pour lutter contre le changement climatique, mais elle pourrait compliquer les recherches archéologiques. Les scientifiques décrivent ces régions comme les plus attractives pour les établissements préhistoriques en Europe.

Le projet SUBNORDICA s’inscrit dans une course contre la montre pour explorer les anciennes côtes et leurs ressources. L’objectif est de déterminer comment les civilisations exploitèrent les ressources marines il y a 9 000 à 8 500 ans. Cette démarche est essentielle pour comprendre les adaptations humaines face à un climat changeant et pour guider les futures recherches archéologiques dans les zones difficiles d’accès.

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Perspectives futures et enjeux culturels

Les résultats des recherches menées par le projet SUBNORDICA contribueront à enrichir notre compréhension des civilisations préhistoriques et de leur interaction avec l’environnement. À travers des plongées dans la baie d’Aarhus au Danemark, les chercheurs espèrent déterminer l’étendue des établissements côtiers par rapport à ceux de l’intérieur des terres. Peter Moe Astrup, archéologue sous-marin au musée Moesgaard, souligne l’importance de cette connaissance pour cibler les investigations archéologiques.

Alors que les nations luttent contre la montée des océans, ces recherches offrent des perspectives nouvelles sur les défis auxquels faisaient face les humains préhistoriques. Elles mettent en lumière les stratégies d’adaptation et les innovations qui ont permis à ces sociétés de prospérer malgré les changements climatiques. Que pouvons-nous apprendre de ces civilisations pour nous aider à affronter nos propres défis environnementaux ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Hery Rakotomavo

Sciences, environnement, santé et société

Hery Rakotomavo

Hery Rakotomavo a enseigné l'histoire-géographie dans un lycée d'Antananarivo puis à Marseille, avant de rejoindre la rédaction. Il suit l'actualité générale, l'éducation et les questions de société, avec des sujets pensés pour être compris sans jargon. Il cultive quelques pieds de vanille sur le rebord de sa fenêtre, sans grand succès.