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La Polynésie française, territoire d’une beauté époustouflante, est aujourd’hui confrontée à un fléau silencieux mais dévastateur : l’ice, une méthamphétamine extrêmement addictive. Moetai Brotherson, président du territoire, a récemment tiré la sonnette d’alarme, révélant que plus d’un habitant sur dix aurait déjà consommé cette drogue. Ce chiffre alarmant illustre l’ampleur du problème, dans une région où les compétences en matière de lutte contre les drogues sont partagées entre l’État français et le gouvernement local. Tandis que l’État s’attaque au trafic, le gouvernement local se concentre sur la prévention et les soins. Cette dualité d’approches souligne la complexité de la situation et l’urgence d’une action coordonnée.
Un trafic extrêmement lucratif
La méthamphétamine, connue localement sous le nom d’ice, est devenue une véritable épidémie en Polynésie française. Cette drogue est importée, principalement depuis la Californie ou le Mexique, et son commerce est extrêmement lucratif. Le gramme de méthamphétamine, acheté à bas prix à l’étranger, peut atteindre jusqu’à 2.500 euros à Tahiti. Cette marge colossale alimente le trafic, avec des méthodes de contrebande toujours plus créatives, allant des planches de skate aux boîtes de confiseries. Malgré les efforts des douanes, qui ont saisi 29 kg d’ice cette année, le marché noir prospère, et ces saisies ne représentent qu’une infime partie de la drogue en circulation. Le témoignage poignant de Maoake Tuahine, ancien chanteur devenu trafiquant par nécessité, met en lumière la spirale infernale dans laquelle tombent de nombreux consommateurs.
Une drogue qui touche tous les milieux
L’ice n’épargne aucun milieu social, s’insinuant dans toutes les couches de la société polynésienne. La procureure de la République à Papeete, Solène Belaouar, décrit une drogue omniprésente, impliquée dans une multitude de crimes. De nombreux dossiers judiciaires révèlent que l’ice, autrefois réservée à une élite fortunée, s’est largement démocratisée. Les conséquences sont tragiques : des violences domestiques aux accidents, en passant par des blessures auto-infligées. Des cas poignants soulignent l’ampleur de la crise, comme celui d’une femme poignardant un homme sous l’effet de l’ice, ou encore celui d’un enfant de huit ans en situation d’addiction. Les autorités sont désormais confrontées à un défi sanitaire majeur, avec de plus en plus de nourrissons subissant les séquelles de la consommation prénatale de leurs mères.
Un plan de lutte contre l’ice, « urgence nationale »
Devant l’ampleur de la crise, le gouvernement polynésien a réagi en février en lançant un plan de lutte doté de deux millions d’euros. Cet effort vise à soutenir les associations locales, améliorer la prise en charge des toxicomanes, et renforcer la prévention. L’association Te Vaiete, sous la direction du père Christophe, joue un rôle crucial dans cette lutte, en proposant aux toxicomanes de signer « la croix bleue », un engagement solennel de sevrage. Initialement destiné aux alcooliques, ce programme s’adresse désormais majoritairement aux consommateurs d’ice, témoignant de la gravité de la crise. Cette initiative, bien que précieuse, ne suffit pas à combler le manque criant de structures de soin adaptées, un problème que le gouvernement s’efforce de résoudre.
« A part l’hôpital psychiatrique, il n’y a rien ici »
Le témoignage déchirant de familles comme celle de Heimoana Lintz met en lumière le manque de structures de soin en Polynésie. Son fils, victime de l’ice, s’est suicidé après des mois de souffrance. Heimoana décrit l’absence de ressources adéquates pour aider son fils, qui s’était isolé et se détériorait physiquement et mentalement. Aujourd’hui, il déplore le manque de moyens et de structures publiques capables de répondre à ce fléau. L’enquête de l’Observatoire français des Drogues et Tendances addictives souligne également l’insuffisance des points de consultation, alors que les distances entre les îles polynésiennes sont considérables. Ce constat appelle à une révision des priorités, avec un besoin urgent d’investissements dans les soins plutôt que dans la seule répression.
Face à la propagation rapide de l’ice en Polynésie française, la question cruciale reste : comment les autorités, les associations et la communauté peuvent-elles collaborer efficacement pour enrayer ce fléau et apporter un soutien durable aux victimes et à leurs familles ?








Merci pour cet article. La situation semble vraiment désespérante en Polynésie. 😞
Je suis surpris par le prix exorbitant de la méthamphétamine à Tahiti. Pourquoi est-ce si cher ?
Des initiatives comme « la croix bleue » sont-elles vraiment efficaces pour aider les toxicomanes ?
Bravo au gouvernement pour son plan d’action, mais deux millions, c’est vraiment suffisant ? 🤔
Qu’en est-il de la prévention dans les écoles ? Les jeunes sont-ils suffisamment informés des dangers ?
C’est triste de voir un si bel endroit touché par un tel fléau. Le tourisme en souffre-t-il aussi ?
Le témoignage de Maoake Tuahine est poignant. Il y a tellement de vies détruites par cette drogue. 😢
On parle beaucoup du problème, mais où sont les solutions concrètes ?