Santé

Frôlant la mort plus de 200 fois : cet homme survit aux morsures de serpents pour créer l’anti-venin universel qui pourrait sauver des millions de vies

Frôlant la mort plus de 200 fois : cet homme survit aux morsures de serpents pour créer l’anti-venin universel qui pourrait sauver des millions de vies
Illustration de Tim Friede se faisant mordre par un serpent pour développer une hyper-immunité. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Tim Friede a été mordu volontairement plus de 200 fois par des serpents pour développer une hyper-immunité.
  • Son sang unique a permis de créer un sérum anti-venin expérimental qui offre une protection complète contre 13 espèces de serpents.
  • Les anti-venins actuels sont limités à certaines espèces et régions, soulignant le besoin d’un sérum universel.
  • La collaboration avec l’immunologiste Jacob Glanville vise à concevoir un anti-venin à large spectre pour sauver des vies à travers le monde.

Face au danger des morsures de serpents venimeux, un homme du Wisconsin, Tim Friede, a choisi de transformer sa passion en une quête médicale audacieuse. En se laissant mordre volontairement par des serpents parmi les plus mortels, il a développé une hyper-immunité qui pourrait révolutionner la lutte contre le venin. À travers ses expériences, il a contribué à la création d’un sérum anti-venin potentiellement universel, suscitant l’intérêt des scientifiques du monde entier. Ce texte explore les implications de sa démarche unique et les perspectives qu’elle ouvre dans le domaine médical.

Un parcours atypique et déterminé

Tim Friede, un ancien mécanicien devenu éleveur de serpents, a toujours été fasciné par ces créatures. Cependant, c’est dans un moment de désespoir, suite aux attentats du 11 septembre 2001, qu’il décide de se soumettre à une épreuve extrême : se faire mordre par deux serpents parmi les plus venimeux. Ce choix audacieux le plonge dans le coma pendant quatre jours, mais loin de le décourager, il y voit une opportunité. Inspiré par le mithridatisme, il s’expose régulièrement à des morsures de serpents et s’auto-injecte du venin pour développer une résistance. Son approche radicale lui confère une forme rare d’hyper-immunité, capable de neutraliser les neurotoxines de plusieurs serpents. Cette détermination sans faille finit par attirer l’attention de Jacob Glanville, un immunologiste de renom.

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Les limites des anti-venins actuels

Traditionnellement, les anti-venins sont fabriqués en injectant de faibles doses de venin à des animaux comme les chevaux, déclenchant ainsi une réponse immunitaire. Ces traitements présentent cependant des limites significatives. Leur efficacité est souvent restreinte à des espèces spécifiques et à certaines régions géographiques. De plus, les anticorps non humains peuvent provoquer des réactions allergiques graves chez les patients. Avec environ 600 espèces de serpents venimeux recensées, la majorité des anti-venins ne couvre qu’une fraction d’entre elles. Selon l’Organisation mondiale de la santé, entre 81 410 et 137 880 personnes meurent chaque année des suites de morsures de serpents, et de nombreux survivants restent gravement handicapés. Ces chiffres soulignent l’urgence de développer un sérum à large spectre, capable de protéger contre plusieurs types de venins.

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La collaboration entre Tim Friede et Jacob Glanville

La rencontre entre Tim Friede et Jacob Glanville marque le début d’une collaboration prometteuse. Impressionné par l’hyper-immunité de Friede, Glanville voit en lui le candidat idéal pour développer un anti-venin universel. Grâce à une analyse approfondie du sang de Friede, les chercheurs identifient des anticorps capables de neutraliser les neurotoxines de plusieurs serpents. En combinant ces anticorps avec une molécule inhibitrice de toxine, la varespladib, ils créent un cocktail expérimental prometteur. Testé sur des modèles murins, ce sérum montre une protection complète contre les venins de 13 serpents parmi les plus dangereux. Les résultats encourageants ouvrent la voie à des essais cliniques et à l’élargissement du traitement à d’autres espèces.

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Vers un anti-venin universel

L’objectif ultime de Glanville et de son équipe est de concevoir un anti-venin capable de protéger contre toutes les morsures de serpents venimeux. Les premiers tests, réalisés sur le venin de 19 espèces de serpents élapidés, sont prometteurs. Les chercheurs envisagent désormais de tester le sérum sur des chiens en Australie, avant de passer à des essais sur l’homme. L’idée est de créer deux types de sérums : un pour les élapidés et un autre pour les vipéridés, selon les régions où ces espèces prédominent. La réussite de cette entreprise pourrait transformer la manière dont les morsures de serpents sont traitées à l’échelle mondiale, potentiellement sauvant des milliers de vies chaque année. Mais quelles seront les prochaines étapes pour assurer l’accessibilité et l’efficacité de ce traitement révolutionnaire ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Hery Rakotomavo

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Hery Rakotomavo

Hery Rakotomavo suit pour ChateauNews les axes « l’actualité générale » et « les sciences ». Ce périmètre s'inscrit dans la ligne du média, qui couvre les sciences, l’environnement et l’actualité générale, avec un intérêt éditorial particulier pour « l’environnement ». Ses articles privilégient des explications accessibles qui rendent les mécanismes compréhensibles sans les simplifier à l'excès.