Environnement

La terre craque sous nos pieds : cette sécheresse infernale en Syrie pourrait anéantir la récolte de blé et plonger des milliers de familles dans la détresse totale

Gérald Monnier Par Gérald Monnier
4 min de lecture
La terre craque sous nos pieds : cette sécheresse infernale en Syrie pourrait anéantir la récolte de blé et plonger des milliers de familles dans la détresse totale
Illustration de la crise alimentaire en Syrie due à une sécheresse historique. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Sécheresse historique : La Syrie fait face à l’une des pires sécheresses en 60 ans, menaçant gravement la production agricole.
  • Conflit pour le blé : Les autorités syriennes et kurdes se disputent l’achat d’une récolte de blé insuffisante, exacerbant les tensions politiques.
  • Diminution dramatique : La production nationale de blé ne couvre que 65% des besoins, aggravant l’insécurité alimentaire pour des millions de Syriens.
  • Défis pour les agriculteurs : Les producteurs peinent à irriguer leurs champs face à des précipitations insuffisantes, menaçant leur subsistance.

La Syrie, autrefois autosuffisante en blé, est aujourd’hui confrontée à une crise agricole sans précédent due à une sécheresse extrême. Cette situation place plus de 16 millions de Syriens en danger d’insécurité alimentaire, selon les données de l’ONU. Les autorités syriennes et l’administration kurde tentent d’acheter une récolte de blé qui s’annonce maigre, exacerbant les tensions politiques et économiques. Ce texte examine les causes, les conséquences et les tentatives de solutions à cette crise alimentaire alarmante.

Impact de la sécheresse sur la production agricole

La Syrie subit actuellement l’une des pires sécheresses de son histoire récente, affectant gravement la production de blé. Haya Abou Assaf, assistante du représentant de la FAO en Syrie, souligne que 75% des zones cultivées ont été touchées, soit environ 2,5 millions d’hectares de blé. Cette situation résulte de conditions climatiques défavorables, telles qu’un hiver court et des précipitations insuffisantes. En conséquence, le déficit de production devrait atteindre entre 2,5 et 2,7 millions de tonnes, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes.

Les agriculteurs, comme Jamshid Hassou, rencontrent des difficultés pour maintenir leurs cultures en vie. Avec un niveau de précipitations réduit, ils sont contraints de pomper l’eau à des profondeurs extrêmes, augmentant ainsi les coûts de production. Si ces conditions persistent, la capacité de la Syrie à produire suffisamment de blé pour répondre à ses besoins internes pourrait être sérieusement compromise.

Il entre là où aucun scalpel ne peut aller : découvrez ce microrobot français minuscule qui s’attaque aux tumeurs cérébrales avec une précision inouïe

La compétition entre les autorités syriennes et kurdes

Face à cette crise, les autorités syriennes et l’administration kurde se disputent l’achat du blé disponible. Le ministère de l’Économie syrien a fixé le prix de la tonne de blé entre 290 et 320 dollars, avec une prime incitative de 130 dollars. De leur côté, les Kurdes ont proposé un prix plus compétitif de 420 dollars par tonne, incluant une prime de 70 dollars. Cette différence de prix reflète non seulement la concurrence pour le blé, mais aussi les tensions politiques sous-jacentes entre les deux entités.

L’administration kurde, qui contrôle de vastes terres fertiles dans le nord-est de la Syrie, cherche à sécuriser ses propres approvisionnements en blé, tout en négociant avec le gouvernement central pour intégrer certaines institutions. Cet équilibre précaire met en lumière les complexités politiques et économiques de la région, exacerbées par la crise alimentaire actuelle.

Sécheresse historique : une vague de chaleur sans précédent frappe l’Europe et le pourtour méditerranéen en mai, les scientifiques sonnent l’alarme

Les efforts pour atteindre l’autosuffisance alimentaire

Avant le conflit qui a débuté en 2011, la Syrie était autosuffisante en blé, produisant en moyenne 4,1 millions de tonnes par an. Cependant, la guerre civile a profondément perturbé l’agriculture, réduisant drastiquement la production. Les nouvelles autorités islamistes, après avoir renversé le régime de Bachar al-Assad, cherchent à diversifier les sources d’approvisionnement en blé. Elles ont récemment reçu 500 tonnes de farine de blé d’Ukraine, malgré le conflit en cours entre Moscou et Kiev.

Le ministère syrien de l’Agriculture prévoit une récolte de 300.000 à 350.000 tonnes dans les zones sous contrôle gouvernemental. En parallèle, le directeur de l’Organisation générale des céréales a souligné l’importance d’importer du blé pour assurer la sécurité alimentaire. Ces efforts reflètent une volonté de réduire la dépendance aux importations tout en cherchant à restaurer une capacité de production interne suffisante.

Un tournant écologique inattendu : la Chine enregistre pour la première fois une surprenante baisse de ses émissions de CO2 en pleine crise mondiale

Conséquences sociales de la crise alimentaire

La sécheresse et la baisse de production de blé ont des conséquences dévastatrices sur la population syrienne. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en 2024, la production nationale de blé ne couvrait que 65% des besoins du pays. Cette situation a contribué à l’insécurité alimentaire pour une majorité de Syriens, avec neuf personnes sur dix vivant dans la pauvreté.

Les agriculteurs, comme Jamshid Hassou, expriment leur désespoir face à la situation. Sans soutien adéquat, ils pourraient être contraints d’abandonner l’agriculture, aggravant encore la crise alimentaire. La question de la sécurité alimentaire devient ainsi un enjeu central pour l’avenir de la Syrie, avec des implications sociales profondes pour ses habitants.

La crise alimentaire actuelle en Syrie soulève des questions complexes sur l’avenir du pays. Comment les autorités pourront-elles surmonter ces défis pour assurer la sécurité alimentaire de leur population tout en gérant les tensions politiques internes ? La réponse à cette question déterminera non seulement le futur agricole de la Syrie, mais aussi la stabilité de la région dans son ensemble.

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Gérald Monnier

Sciences, environnement, santé et société

Gérald Monnier

Gérald Monnier a été garde forestier dans le Jura pendant près de trente ans. Il couvre l'environnement et les politiques publiques qui s'y rapportent : forêts, eau, biodiversité, décisions des collectivités. Il se lève encore avant l'aube pour compter les oiseaux dans le cadre d'un suivi participatif.