Environnement

« L’eau de mer transformée en miracle pour nos fermes » : comment le dessalement change le visage de l’agriculture dans le sud du Maroc

Hery Rakotomavo Par Hery Rakotomavo
4 min de lecture
« L’eau de mer transformée en miracle pour nos fermes » : comment le dessalement change le visage de l’agriculture dans le sud du Maroc
Illustration de la pénurie d'eau dans le sud du Maroc et l'utilisation de l'eau dessalée pour l'agriculture, générée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • L’eau dessalée est devenue indispensable pour l’agriculture dans le sud du Maroc, touché par une grave sécheresse.
  • La station de Chtouka fournit 125 000 m3 d’eau par jour, permettant l’irrigation de cultures à haute valeur comme les tomates cerises.
  • Le coût élevé de l’eau dessalée, à 0,48 euro par mètre cube, limite son usage aux cultures rentables et reste inaccessible pour certains agriculteurs.
  • Des efforts sont en cours pour réduire l’impact environnemental des rejets de saumure, assurant ainsi un usage plus durable de cette ressource.

Dans le sud du Maroc, la pénurie d’eau est devenue un défi majeur pour l’agriculture, en raison de la sécheresse persistante exacerbée par le changement climatique. Pour répondre à ce problème, l’utilisation de l’eau dessalée a émergé comme une solution incontournable. Bien que cette technologie soit souvent critiquée pour son coût élevé et son impact environnemental, elle est devenue vitale pour de nombreux agriculteurs. La survie de l’agriculture dans cette région dépend désormais de cette ressource précieuse, permettant non seulement l’irrigation des cultures mais aussi l’approvisionnement en eau potable pour des millions de personnes.

Le rôle crucial de l’eau dessalée dans l’agriculture

Dans la région de Chtouka, à proximité d’Agadir, l’usage de l’eau dessalée a transformé la manière dont l’agriculture est pratiquée. La station de dessalement fournit une quantité impressionnante de 125 000 mètres cubes d’eau par jour pour l’irrigation de 12 000 hectares de cultures. Cela inclut principalement des tomates cerises, une culture à haute valeur ajoutée, essentielle pour l’économie locale. Sans cette ressource, les agriculteurs auraient été confrontés à des pertes catastrophiques. Selon Rqia Bourziza, une agronome de renom, le secteur agricole aurait subi un déclin sévère sans l’apport de l’eau dessalée. Cela démontre l’importance de cette technologie dans la lutte contre le stress hydrique affectant le pays depuis plusieurs années.

Le groupe Azura, l’un des géants de la production agricole dans la région, dépend entièrement de cette source d’eau pour irriguer ses vastes exploitations. Abir Lemseffer, directrice générale adjointe du groupe, souligne que « sans l’eau dessalée, on ne serait plus là ». Cette déclaration met en lumière l’importance vitale de cette technologie pour assurer la continuité de la production agricole dans cette région du Maroc.

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Les défis économiques liés au dessalement

Bien que le dessalement soit devenu une solution indispensable, le coût élevé de cette eau représente un obstacle majeur pour de nombreux agriculteurs. L’eau dessalée est vendue à un prix de 0,48 euro par mètre cube, ce qui est considérablement plus élevé que le coût moyen de l’eau conventionnelle, environ 0,096 euro par mètre cube. Pour certains, comme l’agriculteur Hassan, ce coût est prohibitif, les contraignant à se tourner vers des sources d’eau alternatives, telles que les puits partagés. Le coût de l’eau dessalée limite donc son accessibilité et son utilisation à des cultures à haute valeur ajoutée, comme le souligne l’agronome Ali Hatimy.

Le gouvernement marocain, conscient de ces enjeux, subventionne une partie du coût de l’eau dessalée pour encourager son utilisation. Cependant, cette stratégie ne suffit pas toujours à convaincre les agriculteurs de l’adopter. Pour que le dessalement soit une solution viable à long terme, il est essentiel de réduire les coûts de production et d’améliorer l’efficacité des stations de dessalement.

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Impact environnemental et mesures d’atténuation

Le dessalement est souvent critiqué pour son impact environnemental, notamment en raison de la saumure rejetée dans la mer, qui peut nuire à la vie marine. Toutefois, des mesures ont été mises en place pour atténuer ces effets. Par exemple, autour d’Agadir, des diffuseurs sont utilisés pour diluer la saumure, réduisant ainsi son impact sur l’écosystème local. Ayoub Ramdi de l’Office régional de mise en valeur agricole affirme qu’« aucun impact » significatif n’a été observé grâce à ces pratiques.

Malgré ces efforts, le débat sur l’impact environnemental du dessalement persiste. Certains experts estiment que les bénéfices pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable justifient ces impacts, tandis que d’autres appellent à des innovations technologiques pour rendre le dessalement plus durable. La question de la durabilité de cette technologie demeure donc centrale pour l’avenir de l’agriculture dans le sud du Maroc.

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Perspectives d’avenir pour le dessalement au Maroc

Avec 16 stations de dessalement déjà en fonctionnement, le Maroc prévoit d’augmenter significativement sa capacité de dessalement pour atteindre 1,7 milliard de mètres cubes par an d’ici 2030. Cela représente un accroissement majeur qui pourrait transformer l’approvisionnement en eau du pays, en particulier dans les régions arides. Les autorités espèrent que ces efforts permettront de stabiliser le secteur agricole, qui représente environ 12% du PIB national.

Les investissements dans le dessalement pourraient également stimuler la recherche et le développement de nouvelles technologies plus respectueuses de l’environnement et plus rentables. Cela pourrait encourager une adoption plus large de cette solution, non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour l’approvisionnement en eau potable dans les régions en difficulté. Cependant, la question demeure : comment le Maroc parviendra-t-il à équilibrer les coûts économiques et environnementaux du dessalement pour garantir un avenir durable et prospère pour son agriculture ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Hery Rakotomavo

Sciences, environnement, santé et société

Hery Rakotomavo

Hery Rakotomavo a enseigné l'histoire-géographie dans un lycée d'Antananarivo puis à Marseille, avant de rejoindre la rédaction. Il suit l'actualité générale, l'éducation et les questions de société, avec des sujets pensés pour être compris sans jargon. Il cultive quelques pieds de vanille sur le rebord de sa fenêtre, sans grand succès.