Science

« Nous jouons à être des dieux » : des scientifiques lancent un projet de création d’un génome humain artificiel qui pourrait changer l’avenir de l’humanité

Gérald Monnier Par Gérald Monnier
4 min de lecture
« Nous jouons à être des dieux » : des scientifiques lancent un projet de création d’un génome humain artificiel qui pourrait changer l’avenir de l’humanité
Illustration de la création d'un génome humain artificiel, générée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • Le projet SynHG vise la création d’un génome humain artificiel, financé par Wellcome à hauteur de 10 millions de livres sterling.
  • Cette initiative réunit des chercheurs des universités d’Oxford, Cambridge et Manchester pour concevoir des chromosomes synthétiques.
  • Les enjeux éthiques, notamment les risques de dérives eugénistes, sont au cœur des préoccupations et font l’objet de consultations publiques.
  • La synthèse d’ADN pourrait révolutionner la médecine, bien que des risques de biosécurité et des défis scientifiques subsistent.

La recherche scientifique avance à grands pas, notamment avec le projet SynHG qui vise la création d’un génome humain artificiel. Ce projet, financé par Wellcome à hauteur de 10 millions de livres sterling, réunit des chercheurs de renom des universités d’Oxford, Cambridge et Manchester. Cette entreprise scientifique promet de révolutionner la biologie synthétique en offrant de nouvelles perspectives pour mieux comprendre l’ADN humain et développer des thérapies innovantes. Mais quels sont les enjeux réels de cette entreprise audacieuse et quelles implications cela pourrait-il avoir sur le long terme pour l’humanité ?

Les promesses d’un génome synthétique

La synthèse d’un génome humain artificiel représente une avancée sans précédent dans le domaine de la biologie. Contrairement à l’édition génétique, telle que la méthode CRISPR qui modifie des gènes existants, la synthèse permet de créer des séquences d’ADN entièrement nouvelles. Cette approche pourrait mener à des cellules résistantes aux virus ou encore à des greffes d’organes plus sûres et sans rejet.

Les succès obtenus avec des génomes bactériens et de levure démontrent la viabilité technique de cette méthode. Néanmoins, le génome humain, bien plus complexe, nécessitera encore de nombreuses années de recherche avant de pouvoir être totalement synthétisé. Actuellement, un premier essai prévoit de tester un chromosome synthétique représentant environ 2 % du génome humain. Les résultats de ces recherches pourraient transformer la lutte contre les maladies génétiques et le vieillissement.

Un phénomène cosmique incroyable : cet objet interstellaire traverse notre Système solaire et défie les lois de l’astronomie moderne

Un projet aux enjeux éthiques majeurs

Les implications éthiques de la manipulation du génome sont considérables. Le projet SynHG intègre un volet dirigé par Joy Zhang, de l’Université du Kent, qui se penche sur ces questions cruciales. Les risques de dérives eugénistes sont au centre des préoccupations, et une série de consultations publiques à l’échelle mondiale est prévue pour encadrer les applications futures de cette technologie.

Des scientifiques émettent des réserves quant aux conséquences potentielles, notamment Bill Earnshaw de l’Université d’Édimbourg, qui craint une perte de contrôle. La synthèse d’ADN humain pourrait bouleverser notre rapport à la vie, et les inégalités d’accès aux thérapies résultantes pourraient s’accroître, accentuant les disparités en santé mondiale.

Une découverte bouleversante : ces gènes cachés qui dictent le comportement fascinant des chiens de berger depuis des millénaires, selon les experts en éthologie animale

Pour aller plus loin : Quels sont les risques des génomes synthétiques ?

La création de génomes synthétiques soulève de nombreuses questions de biosécurité. Contrairement aux modifications ciblées par CRISPR, ces génomes pourraient théoriquement permettre la fabrication d’agents pathogènes ou la résurrection de virus disparus. Bien que des protocoles stricts existent pour vérifier les séquences synthétisées, le risque de détournement par des acteurs malveillants inquiète les experts.

Les incertitudes scientifiques liées à l’interaction entre les gènes synthétiques et les mécanismes cellulaires naturels persistent. Même avec une séquence d’ADN parfaitement maîtrisée, les effets imprévus, comme des réponses immunitaires dangereuses ou des perturbations épigénétiques, demeurent un défi majeur. Un cadre réglementaire solide et une transparence accrue dans la recherche sont essentiels pour prévenir ces risques.

Une scène marine inédite : des orques capturées en vidéo échangent un baiser langoureux sous l’œil ébahi des chercheurs marins

Comment fonctionne la synthèse d’ADN ?

La synthèse d’ADN repose sur des processus chimiques précis qui assemblent des nucléotides (A, T, C, G) selon une séquence définie. La méthode de synthèse par phosphoramidite, par exemple, ajoute chaque couche de nucléotides séquentiellement. Bien que cette technique soit rigoureuse, elle se limite à des fragments courts, nécessitant ensuite un assemblage enzymatique pour former des séquences plus longues.

Les scientifiques utilisent des cellules modèles pour assembler ces fragments, et des algorithmes vérifient l’exactitude des séquences. Les progrès en robotique et intelligence artificielle accélèrent ces processus, permettant la production massive de fragments d’ADN et l’optimisation des séquences. Cependant, la synthèse complète d’un chromosome humain reste un défi complexe, en raison de la taille et de la complexité des régions non codantes de notre génome.

Alors que le projet SynHG continue d’avancer, il reste à voir comment ces découvertes transformeront la médecine et la biotechnologie. Les implications éthiques et les risques potentiels soulèvent de nombreuses questions. Comment l’humanité fera-t-elle face à ces défis pour garantir que ces avancées profitent à tous, sans creuser davantage les inégalités existantes ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Gérald Monnier

Sciences, environnement, santé et société

Gérald Monnier

Gérald Monnier a été garde forestier dans le Jura pendant près de trente ans. Il couvre l'environnement et les politiques publiques qui s'y rapportent : forêts, eau, biodiversité, décisions des collectivités. Il se lève encore avant l'aube pour compter les oiseaux dans le cadre d'un suivi participatif.