Environnement

« Nous sommes assis sur une bombe à retardement » : l’incroyable découverte de 3.000 fûts radioactifs sous l’Atlantique dévoilée par des experts en décontamination

Hery Rakotomavo Par Hery Rakotomavo
4 min de lecture
« Nous sommes assis sur une bombe à retardement » : l’incroyable découverte de 3.000 fûts radioactifs sous l’Atlantique dévoilée par des experts en décontamination
Illustration de fûts de déchets radioactifs immergés dans l'océan Atlantique, créée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • 3.000 fûts de déchets radioactifs ont été identifiés et cartographiés dans l’océan Atlantique.
  • Les fûts, immergés entre 1946 et 1993, présentent des états variés, allant de quasiment intacts à extrêmement corrodés.
  • Des analyses approfondies de sédiments et d’organismes marins sont en cours pour évaluer la contamination potentielle.
  • Le coût de récupération des fûts est jugé exorbitant, posant des dilemmes technologiques et financiers.

Les fonds marins de l’océan Atlantique cachent un secret inquiétant : des milliers de fûts de déchets radioactifs reposent à des profondeurs abyssales. Si cette réalité est connue depuis des décennies, ce n’est que grâce à une mission scientifique récente que nous commençons à percer le mystère de ces décharges sous-marines. Bien que la plupart de ces fûts semblent en bon état, certains sont fortement corrodés, suscitant des interrogations sur les risques environnementaux potentiels. Jusqu’à présent, les niveaux de radioactivité mesurés sont rassurants, mais cela suffira-t-il à dissiper les craintes ?

Les immersions historiques de déchets radioactifs

Entre 1946 et 1993, les gouvernements européens ont pris la décision controversée de se débarrasser de leurs déchets radioactifs en les immergeant dans l’océan Atlantique. Cette pratique concernait notamment des déchets à faible activité, tels que des boues de traitement ou des tuyaux contaminés. Huit pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont ainsi contribué à l’immersion de plus de 200.000 fûts. Ces déchets ont été déposés à plus de 4.000 mètres de profondeur, dans une plaine abyssale située dans les eaux internationales. La Convention de Londres de 1993 a ensuite mis un terme à ces pratiques en interdisant l’immersion de déchets radioactifs en mer. Cependant, les traces de ce passé subsistent et suscitent des préoccupations croissantes quant à leur impact environnemental à long terme.

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La mission Nodssum et ses découvertes

La mission « Nodssum », menée à bord du navire L’Atalante, a permis de mettre en lumière l’état actuel de ces fûts immergés. Avec l’aide du submersible autonome Ulyx de l’Ifremer, les scientifiques ont cartographié plus de 3.350 fûts sur une superficie de 163 km², à l’aide d’un sonar à très haute résolution. Cette expédition a révélé une densité moyenne de 20 fûts par km², avec des états variés allant de fûts quasiment intacts à d’autres sévèrement corrodés. Malgré la dégradation de certains fûts, les mesures de radioactivité n’ont montré aucune anomalie significative. Les valeurs relevées étaient comparables au bruit de fond environnemental, ce qui est rassurant à court terme. Cependant, la question de leur dégradation continue et de leur impact potentiel reste en suspens.

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L’avenir des recherches et des mesures nécessaires

Les scientifiques ont prélevé des échantillons de sédiments, d’eau et de poissons pour des analyses approfondies en laboratoire. Ces prélèvements visent à déterminer la présence éventuelle de contamination radioactive. Les résultats de ces analyses permettront de mieux comprendre l’impact potentiel des fûts sur l’environnement marin. Une seconde mission est prévue d’ici un ou deux ans pour examiner plus en détail les organismes marins vivant à proximité des fûts. Les chercheurs envisagent également de prélever des organismes, comme les anémones, qui pourraient être indicateurs de pollution radioactive. L’objectif ultime est de déterminer si des mesures plus rapprochées et fréquentes sont nécessaires pour surveiller ces décharges nucléaires.

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Un défi technologique et financier

Remonter les fûts de déchets radioactifs est une option techniquement possible, mais elle représente un défi colossal en termes de coûts et de logistique. Comme l’a souligné Patrick Chardon, co-chef de la mission, une telle opération serait « au coût absolument monstrueux ». Les scientifiques doivent donc peser les avantages d’une récupération contre les risques potentiels de laisser les fûts au fond de l’océan. La mission « Nodssum » a ouvert la voie à une meilleure compréhension de ces décharges sous-marines, mais elle soulève aussi la question de la responsabilité à long terme. Le suivi régulier de ces sites pourrait devenir indispensable pour prévenir toute contamination future de l’environnement marin.

Alors que les résultats préliminaires de la mission « Nodssum » semblent rassurants, le mystère des fûts immergés dans l’Atlantique continue d’intriguer la communauté scientifique. Quel sera l’impact de ces déchets sur le long terme ? Les mesures actuelles suffisent-elles à garantir la sécurité des écosystèmes marins ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Hery Rakotomavo

Sciences, environnement, santé et société

Hery Rakotomavo

Hery Rakotomavo a enseigné l'histoire-géographie dans un lycée d'Antananarivo puis à Marseille, avant de rejoindre la rédaction. Il suit l'actualité générale, l'éducation et les questions de société, avec des sujets pensés pour être compris sans jargon. Il cultive quelques pieds de vanille sur le rebord de sa fenêtre, sans grand succès.