Santé

« On dirait la guerre pour trouver un simple cachet » : immersion dans le quotidien désespéré des Cubains face à une pénurie de médicaments alarmante

Gérald Monnier Par Gérald Monnier
4 min de lecture
« On dirait la guerre pour trouver un simple cachet » : immersion dans le quotidien désespéré des Cubains face à une pénurie de médicaments alarmante
Illustration de la lutte quotidienne des familles cubaines face à la pénurie de médicaments, générée par intelligence artificielle.

En bref

  • Les familles cubaines affrontent une pénurie alarmante de médicaments essentiels, rendant l’accès aux soins extrêmement difficile.
  • La crise économique aggrave la situation sanitaire, avec des prix de médicaments sur le marché noir qui explosent par rapport aux revenus moyens.
  • Des initiatives d’entraide émergent, comme le projet Palomas, qui redistribue des médicaments aux plus démunis.
  • Le recours au marché informel de médicaments devient une nécessité pour de nombreux Cubains, posant des questions sur la sécurité et la qualité des traitements.

Dans le contexte éprouvant de la pénurie de médicaments à Cuba, Jessica Rodriguez, mère d’un jeune garçon malade, lutte chaque jour pour obtenir les soins essentiels à la survie de son fils. Cette situation critique est exacerbée par le durcissement de l’embargo américain et une crise économique sans précédent. Les difficultés rencontrées par Jessica sont le reflet d’une réalité partagée par de nombreux Cubains, confrontés à des étagères de pharmacies désespérément vides et à un système de santé sous pression.

Une pénurie alarmante de médicaments essentiels

À Cuba, la pénurie de médicaments atteint un niveau alarmant, affectant plus de 70% des médicaments essentiels. Cette situation résulte en grande partie de l’incapacité du pays à importer les matières premières nécessaires pour produire localement la majorité des médicaments de sa liste essentielle. Le président Miguel Diaz-Canel a reconnu publiquement cette crise lors d’une récente intervention télévisée. La réalité est que les étagères des pharmacies sont souvent vides, privant les Cubains de traitements indispensables.

Les hôpitaux, quant à eux, souffrent d’un manque de matériel médical de base, comme les compresses et les désinfectants. Cette pénurie impacte sévèrement les patients chroniques, tels que le fils de Jessica, Luis Angelo, qui dépend de plusieurs traitements pour survivre. Sa mère, comme beaucoup d’autres, est souvent contrainte de se tourner vers le marché noir pour se procurer les médicaments nécessaires, à des prix exorbitants par rapport aux revenus moyens des foyers cubains.

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L’économie en crise et ses répercussions sanitaires

La crise économique que traverse Cuba est la plus sévère depuis des décennies, marquée par une inflation galopante et des pénuries généralisées. Cette situation économique difficile se répercute directement sur le système de santé, avec une pénurie de médicaments exacerbée par le manque de ressources financières pour les importer. Les familles cubaines se retrouvent ainsi dans une lutte quotidienne pour accéder aux soins, souvent en vain.

Jessica Rodriguez, physiothérapeute de formation, a dû quitter son travail pour s’occuper de son fils à plein temps, alors qu’elle ne touche qu’une maigre aide sociale de l’État. Les médicaments, bien que subventionnés, sont souvent indisponibles. Les parents de Luis Angelo doivent régulièrement débourser entre 350 et 450 pesos pour des médicaments, une somme considérable comparée au salaire moyen national.

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Les réseaux d’entraide face à la pénurie

Face à cette crise, des initiatives d’entraide ont vu le jour pour pallier la pénurie de médicaments. Sur les réseaux sociaux, des groupes proposent des médicaments en échange d’aliments ou de services. Ces initiatives, bien que précaires, offrent un soutien matériel et moral aux familles désespérées. Le projet Palomas est l’exemple le plus emblématique de cette solidarité naissante.

Palomas récupère et redistribue des médicaments grâce à la collecte auprès de particuliers ou via la récupération de traitements non utilisés. Le coordinateur de Palomas, Sergio Cabrera, souligne l’impact positif de ces actions, affirmant que plus de 179,000 Cubains ont bénéficié de médicaments gratuits depuis la création du projet. Cette plateforme est devenue une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles, comme celle de Jessica, qui a pu obtenir des médicaments introuvables pour son fils grâce à l’entraide communautaire.

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Le recours au marché parallèle

En l’absence de solutions officielles, le marché parallèle de médicaments prospère à Cuba. Depuis 2021, le gouvernement autorise les Cubains à ramener des médicaments de l’étranger, exonérés d’impôts pour un usage personnel. Cette mesure a alimenté un marché informel dynamique, facilitant l’accès à des traitements sinon inaccessibles.

Les médicaments introduits de cette manière sont souvent échangés via des groupes WhatsApp ou des sites internet. Bien que ces réseaux répondent à un besoin urgent, ils posent également des questions sur la qualité et la sécurité des médicaments circulant ainsi en dehors des circuits officiels. Cette dépendance envers un marché informel reflète une profonde crise de confiance envers le système de santé cubain.

Alors que les familles cubaines continuent de se battre pour obtenir des médicaments vitaux, la question se pose : quelles solutions durables peuvent être mises en place pour surmonter cette crise sanitaire sans précédent ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Gérald Monnier

Sciences, environnement, santé et société

Gérald Monnier

Gérald Monnier a été garde forestier dans le Jura pendant près de trente ans. Il couvre l'environnement et les politiques publiques qui s'y rapportent : forêts, eau, biodiversité, décisions des collectivités. Il se lève encore avant l'aube pour compter les oiseaux dans le cadre d'un suivi participatif.