Santé

Prégabaline sous les feux de la rampe : cette nouvelle « drogue du pauvre » inquiète les autorités sanitaires et soulève un débat brûlant dans toute la France

Hery Rakotomavo Par Hery Rakotomavo
4 min de lecture
Prégabaline sous les feux de la rampe : cette nouvelle « drogue du pauvre » inquiète les autorités sanitaires et soulève un débat brûlant dans toute la France
Illustration de la prégabaline, surnommée « drogue du pauvre », mise en avant dans le trafic de rue. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Les douanes françaises constatent une recrudescence des saisies de prégabaline, soulignant l’ampleur du trafic.
  • La prégabaline, surnommée « drogue du pauvre », est vendue à la sauvette dans les rues à des prix accessibles.
  • Les autorités sanitaires mettent en garde contre les risques de dépendance et d’overdose, notamment en cas de consommation avec d’autres substances.
  • Le trafic est alimenté par des réseaux internationaux, exploitant le fret et les commandes en ligne pour acheminer le médicament.

La prégabaline, connue sous le nom commercial de Lyrica, est un médicament utilisé principalement pour traiter l’épilepsie et le trouble anxieux généralisé. Cependant, au fil des années, ce médicament a été détourné pour un usage récréatif, devenant ce que certains appellent « la drogue du pauvre ». Ce phénomène a attiré l’attention des autorités sanitaires et douanières en France, qui surveillent de près cette tendance inquiétante. Le marché noir de la prégabaline prospère, avec des ventes à la sauvette dans les rues de grandes villes françaises comme Paris et Marseille. Ce texte explore les différentes facettes de ce problème de santé publique et les efforts déployés pour y remédier.

Une recrudescence inquiétante des saisies

En 2023, les douanes françaises ont signalé une augmentation notable des saisies de prégabaline. Selon Corinne Cléostrate, sous-directrice des affaires juridiques et de la lutte contre la fraude à la Direction générale des douanes, cette hausse des saisies témoigne d’un phénomène qui s’installe durablement. À Paris, une saisie d’ampleur a eu lieu mi-avril, révélant l’ampleur du trafic : 30 000 doses de prégabaline ont été découvertes, en plus de centaines de kilos de tabac et de milliers d’articles contrefaits. Cette saisie met en lumière l’ampleur du problème et l’urgence d’une réponse coordonnée. La prégabaline, vendue entre 1 et 3 euros la gélule, est devenue une alternative abordable aux drogues plus coûteuses comme la cocaïne, dont le prix avoisine les 66 euros le gramme. Cette accessibilité financière la rend particulièrement attractive pour les populations vulnérables, accentuant ainsi la nécessité d’une surveillance accrue.

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Un usage détourné aux conséquences multiples

Initialement prescrit pour ses propriétés anxiolytiques et analgésiques, la prégabaline est désormais utilisée pour ses effets euphorisants et psychostimulants. Le Dr Dorian Rollet, médecin addictologue, souligne que ce médicament est devenu le plus accessible sur le marché de rue. Les consommateurs sont souvent des jeunes en situation précaire, cherchant à oublier leurs difficultés par l’usage de cette substance. Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les abus concernent majoritairement des hommes, avec une part importante de mineurs. La toxicologue Laurène Dufayet met en garde contre les risques d’overdose, notamment lorsque la prégabaline est consommée avec d’autres drogues ou de l’alcool. La dépendance à ce médicament, qui agit sur le système nerveux central, est un enjeu majeur de santé publique.

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Les mesures de prévention et de régulation

Face à l’augmentation des cas d’abus et de dépendance, l’ANSM a pris des mesures pour renforcer la régulation de la prégabaline. Depuis 2021, la prescription est limitée à six mois et nécessite une ordonnance sécurisée, plus difficilement falsifiable. Cependant, malgré ces efforts, le nombre de cas rapportés continue d’augmenter. Cela indique que le trafic de prégabaline ne se limite pas aux frontières françaises. Les routes de contrebande incluent le fret express et postal, avec des gélules commandées en ligne sur le darknet. Les origines de fabrication sont variées, allant de la Chine à l’Europe de l’Est. La lutte contre ce fléau nécessite une coopération internationale et des efforts concertés pour limiter l’accès à cette substance sur le marché noir.

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Des réseaux internationaux bien organisés

Le trafic de prégabaline est alimenté par des réseaux internationaux sophistiqués. En janvier, à l’aéroport de Beauvais, les douanes ont intercepté plus de 13 000 comprimés de prégabaline en provenance de Grèce. Un an auparavant, un réseau acheminant 300 000 comprimés vers Marseille, générant 600 000 euros de chiffre d’affaires, avait été démantelé. Cette saisie avait révélé l’existence d’un trafic organisé, exploitant les failles du système pour faire transiter des quantités massives de médicament. Le fait que ces comprimés puissent être fabriqués dans divers pays, comme la Chine, la Bulgarie, ou l’Allemagne, complique encore davantage les efforts de lutte contre ce trafic. Une meilleure coopération entre les services douaniers et les agences de santé est cruciale pour enrayer ce phénomène.

La prégabaline, en tant que « drogue du pauvre », soulève des questions complexes mêlant santé publique, sécurité et réglementation des médicaments. Les efforts pour endiguer ce phénomène doivent être soutenus par une sensibilisation accrue et des politiques de prévention efficaces. Les mesures actuelles suffisent-elles pour freiner cette tendance inquiétante, ou faut-il envisager de nouvelles stratégies pour protéger les populations vulnérables ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Hery Rakotomavo

Sciences, environnement, santé et société

Hery Rakotomavo

Hery Rakotomavo a enseigné l'histoire-géographie dans un lycée d'Antananarivo puis à Marseille, avant de rejoindre la rédaction. Il suit l'actualité générale, l'éducation et les questions de société, avec des sujets pensés pour être compris sans jargon. Il cultive quelques pieds de vanille sur le rebord de sa fenêtre, sans grand succès.