Environnement

Un désastre sanitaire invisible à Soweto : les habitants en péril accusent cette ancienne mine d’or de les empoisonner au quotidien

Anaïs Perrot Par Anaïs Perrot
4 min de lecture
Un désastre sanitaire invisible à Soweto : les habitants en péril accusent cette ancienne mine d’or de les empoisonner au quotidien
Illustration de la mine d'or abandonnée de Snake Park à Soweto, source de pollution toxique. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • L’ancienne mine d’or de Soweto, surnommée « la montagne jaune », est accusée d’émettre des poussières toxiques contenant de l’arsenic, du plomb et de l’uranium.
  • Le Snake Park Cerebral Palsy Forum a recensé de nombreux cas d’enfants souffrant de paralysie cérébrale et d’autres malformations attribués à la pollution minière.
  • Des recherches révèlent que l’eau autour de la mine est contaminée par des substances radioactives, mettant en danger la santé des habitants et des animaux.
  • Les familles touchées se rassemblent pour trouver un soutien collectif, dénonçant l’inaction des autorités face à cette crise sanitaire.

Dans le quartier de Snake Park à Soweto, en Afrique du Sud, une imposante ancienne mine d’or, surnommée la « montagne jaune » par les enfants, soulève de graves inquiétudes. Les associations locales alertent sur les dangers sanitaires liés à cette mine qui surplombe le township. Des analyses ont révélé la présence de matières toxiques telles que l’arsenic, le plomb et l’uranium, héritage de la ruée vers l’or de la fin du XIXe siècle. Ces substances nocives affectent gravement la santé des habitants, en particulier les enfants, qui présentent des handicaps et malformations inquiétantes. L’impact de cette pollution sur la population locale est un sujet de préoccupation majeur.

Les conséquences sanitaires sur les habitants

Les effets dévastateurs de la « montagne jaune » sur la santé des résidents sont largement documentés. Au nord de Snake Park, le Snake Park Cerebral Palsy Forum a recensé plus d’une quinzaine d’enfants atteints de paralysie cérébrale, sans compter d’autres handicaps et malformations. Okuhle, 13 ans, est l’une de ces victimes. Abandonnée bébé, elle ne peut ni marcher, ni parler. Sa mère adoptive, Lilly Stebbe, affirme que la poussière provenant de la mine est responsable de ses nombreux problèmes de santé. La fille souffre d’asthme et de problèmes oculaires et sinusaux. Les résidents respirent quotidiennement cette poussière toxique, source de cancers potentiels et de modifications génétiques selon David van Wyk, chercheur principal à la Bench Marks Foundation.

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Les risques liés aux mines abandonnées

L’Afrique du Sud compte plus de 6 000 mines abandonnées, dont 2 322 présentent un risque sanitaire élevé. Ces sites, comme celui de Snake Park, sont une menace constante pour les communautés voisines. David van Wyk estime que 15 à 20 millions de personnes vivent à proximité de ces résidus toxiques. Chaque mois, il effectue des tests dans la décharge de la mine de Snake Park, révélant des concentrations alarmantes de substances toxiques dans l’eau. Ces résultats confirment l’urgence d’interventions pour protéger les habitants. Le chercheur souligne que les eaux contaminées irriguent les terres cultivées et alimentent les troupeaux locaux, exacerbant les risques pour la santé humaine et animale.

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Le rôle de l’industrie minière et des autorités

La société Pan African Resources, propriétaire actuel de la mine, reconnaît l’impact de ses résidus sur la population. Elle promet de remédier à la situation d’ici dix ans, mais les mesures prises semblent insuffisantes. Sonwabo Modimoeng, responsable des relations communautaires, admet que le site affecte la santé des gens. Les panneaux de signalisation installés autour de la mine ne suffisent pas à rassurer les habitants. Baile Bantseke, habitante de Snake Park, attribue l’autisme de son petit-fils à la « montagne ». Elle dénonce l’inaction du gouvernement, estimant que les familles ne reçoivent pas le soutien nécessaire pour faire face à ces problèmes de santé.

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Le combat des familles et des associations

Face à cette situation critique, les habitants s’organisent pour se soutenir mutuellement. Le Snake Park Cerebral Palsy Forum, fondé par Kefilwe Sebogodi, est un lieu de rencontre et d’échange pour les familles touchées. Chaque mois, une quinzaine de mères, tantes et grand-mères se réunissent pour partager leurs expériences et renforcer leur solidarité. Malgré les difficultés, ces rencontres permettent de montrer que les enfants comptent dans la communauté. L’absence de moyens de transport adéquats et de soutien financier suffisant accentue encore les défis quotidiens de ces familles. La résilience et la détermination de ces femmes sont une source d’inspiration malgré les obstacles immenses qu’elles doivent affronter.

La situation à Snake Park soulève des questions cruciales sur la responsabilité des autorités et des entreprises minières envers les communautés affectées par des sites industriels abandonnés. Comment le gouvernement sud-africain et les sociétés minières peuvent-ils collaborer pour remédier à cette crise sanitaire et environnementale persistante ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Anaïs Perrot

Sciences, environnement, santé et société

Anaïs Perrot

Anaïs Perrot a préparé une thèse en écologie microbienne à Dijon avant de choisir la vulgarisation plutôt que la paillasse. Elle traite les sciences et la santé, en remontant chaque fois à l'étude d'origine et à la taille de son échantillon. Elle fait partie d'un club d'astronomie amateur qui se réunit les nuits sans lune.