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Le Tchad, pays en proie à la désertification, voit émerger une initiative prometteuse : la production de charbon dit « écologique ». Sous le soleil brûlant, les ouvriers s’affairent à transformer des déchets végétaux en une source d’énergie alternative. Ce projet, porté par l’Association pour le développement socio-économique Raikina (Adser), vise à réduire la pression sur les ressources naturelles et à combattre la déforestation. Face à une surexploitation des ressources en bois, ce charbon innovant pourrait bien représenter une solution durable pour le pays.
Une technique innovante de production de charbon
À Pont Belile, près de N’Djamena, le charbon écologique est fabriqué à partir de résidus végétaux tels que les tiges de mil et de sésame, ainsi que les rafles et palmes de rônier. Ces matériaux, souvent laissés à l’abandon, sont transformés en combustible grâce à un processus ingénieux. Les résidus carbonisés sont broyés et mélangés avec une macération de gomme arabique pour faciliter l’allumage et de l’argile pour prolonger la combustion. Ce procédé permet de produire un charbon qui émet moins de gaz qu’un charbon traditionnel, ne noircit pas les marmites et offre un pouvoir calorifique élevé. Il peut durer jusqu’à trois fois plus longtemps que le charbon de bois, ce qui en fait une option attrayante pour de nombreux foyers tchadiens.
Un enjeu majeur de lutte contre la déforestation
La déforestation au Tchad est un problème alarmant, exacerbée par la surexploitation des ressources en bois pour des usages ménagers. Selon les autorités, plus de 90% du patrimoine forestier national a disparu depuis les années 1970. Ce phénomène est aggravé par l’afflux de réfugiés soudanais fuyant le conflit dans leur pays. Le charbon écologique représente une alternative viable pour réduire la dépendance au bois, contribuant ainsi à la préservation des arbres et à la séquestration du carbone. L’Adser, par le biais de son directeur technique Ousmane Alhadj Oumarou, affirme qu’un kilogramme de ce charbon permet d’éviter la coupe de six kilogrammes de bois vert.
Une production à grande échelle soutenue par des investissements
Avec un investissement initial de 200 millions de francs CFA (environ 300 000 euros), l’Adser a su capter l’intérêt de la Banque Mondiale. Cette dernière achète le charbon écologique à un peu plus d’un euro le kilo, contribuant ainsi à sa distribution dans les camps de réfugiés grâce au Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies. L’objectif à long terme est d’étendre la production à l’ensemble du pays. Toutefois, pour réduire le coût du charbon, Ismaël Hamid, directeur de l’Adser, estime qu’il est nécessaire d’ouvrir de nouvelles lignes de production et de baisser le prix à 350-500 francs CFA par kilo.
Le futur du charbon écologique au Tchad
Le succès de cette initiative repose sur la capacité à multiplier la production. Actuellement, l’usine de l’Adser produit entre sept et neuf tonnes de charbon par jour, mais pour répondre aux besoins nationaux, il faudra multiplier cette production par dix, selon Hamid. L’État tchadien est appelé à jouer un rôle crucial en soutenant la filière par des subventions et des exonérations fiscales. Le ministre de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, s’est engagé à promouvoir le charbon écologique comme une énergie d’avenir pour un pays durement touché par la désertification. Se pose alors la question de savoir si cette filière pourra réellement transformer le paysage énergétique du Tchad.
Alors que le Tchad cherche à se réinventer face aux défis environnementaux, le charbon écologique pourrait bien devenir un pilier de son avenir énergétique. Cependant, pour que cette initiative prenne véritablement son envol, il faudra surmonter de nombreux obstacles, tant techniques que financiers. La question demeure : le Tchad parviendra-t-il à attirer suffisamment d’investissements pour faire de cette vision une réalité ?








Est-ce que ce charbon écologique est vraiment moins polluant ou est-ce juste un coup marketing? 🤔
Bravo à l’Adser pour cette initiative! Espérons que ça va marcher. 🌱
Pourquoi la Banque Mondiale soutient-elle ce projet? Quels sont les avantages pour eux?
Ça fait plaisir de voir le Tchad prendre des mesures pour l’environnement. 👏
Quel est le coût de production de ce charbon par rapport au charbon traditionnel?
Un projet ambitieux, mais y aura-t-il assez de résidus végétaux pour une production à grande échelle?