Environnement

Un tournant décisif : le sommet de Nice sur l’océan trace une voie audacieuse pour protéger la haute mer et ses trésors menacés par la pollution

Hery Rakotomavo Par Hery Rakotomavo
5 min de lecture
Un tournant décisif : le sommet de Nice sur l’océan trace une voie audacieuse pour protéger la haute mer et ses trésors menacés par la pollution
Illustration de la clôture du sommet de l'ONU sur l'océan à Nice, axée sur la protection des hautes mers. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • La ratification du traité sur la haute mer par 50 pays marque une avancée majeure pour la protection des eaux internationales.
  • Les tensions autour de l’exploitation des abysses s’intensifient, avec un appel à un moratoire soutenu par seulement 37 pays.
  • Quatorze pays ont élargi leurs aires marines protégées, atteignant plus de 10 % de la surface des océans.
  • Le sommet a échoué à aborder la question cruciale des énergies fossiles, malgré leur impact sur l’environnement marin.

Le sommet de l’ONU sur l’océan, qui vient de se clôturer à Nice, a résonné avec des échos de cornes de brume symbolisant à la fois l’alerte et l’espoir. Marqué par une nette avancée dans la protection de la haute mer, ce sommet a aussi révélé les tensions autour de l’exploitation des abysses, notamment face aux projets controversés de Donald Trump. Malgré une participation record de 64 chefs d’État, l’événement a échoué à aborder la question cruciale des énergies fossiles et à mobiliser des fonds suffisants pour les pays pauvres, soulignant ainsi les défis persistants dans la gouvernance mondiale des océans.

Un élan mondial pour la haute mer

La ratification du traité sur la haute mer par 50 pays a été saluée comme une étape essentielle vers la protection des eaux internationales. Ces eaux couvrent près de la moitié de la planète et leur préservation est cruciale pour la biodiversité marine. Johannes Müller de l’ONG OceanCare a qualifié cette ratification de « véritable élan mondial », soulignant son importance pour la sauvegarde des océans. Seuls dix pays manquent à l’appel pour que cet accord prenne effet rapidement, ce qui montre une volonté internationale notable de protéger ces zones vitales. Cependant, l’absence de certains États clés pourrait ralentir les progrès, et la communauté internationale doit continuer à travailler pour obtenir un soutien universel.

Cette avancée est un signe positif, mais elle ne doit pas masquer les urgences à venir. Les océans jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial, et leur protection nécessite des efforts constants et coordonnés. La ratification de ce traité est un pas décisif, mais elle doit être suivie par des actions concrètes et un engagement renouvelé des nations pour une mise en œuvre efficace.

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Les abysses, un territoire de discorde

Le sommet a révélé des divisions profondes sur l’exploitation des abysses, notamment avec la décision des États-Unis de se lancer dans l’extraction des nodules polymétalliques. Le président français Emmanuel Macron a vivement critiqué cette démarche, la qualifiant de « folie » et d’action « prédatrice ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également mis en garde contre un potentiel « Far West » marin. Cette rhétorique forte n’a pas suffi à élargir la coalition pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, qui est passée de 32 à 37 pays seulement.

Un tableau ci-dessous illustre les pays soutenant le moratoire :

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Pays Position
France En faveur du moratoire
États-Unis Opposé au moratoire
Allemagne En faveur du moratoire
Chine Opposé au moratoire

Malgré ces tensions, l’importance d’établir une réglementation stricte pour l’exploitation des ressources sous-marines reste un enjeu majeur. Les abysses abritent des écosystèmes uniques et leur exploitation doit être encadrée pour éviter des dommages irréversibles.

Aires marines protégées : des progrès encourageants

Le sommet a été l’occasion pour plusieurs pays d’annoncer la création de nouvelles aires marines protégées (AMP). De la Colombie aux Samoa, en passant par le Portugal et la Grèce, 14 nations ont contribué à porter la surface protégée des océans à plus de 10%, contre 8,4% auparavant. Ces initiatives montrent un engagement croissant envers la conservation marine, bien que des efforts supplémentaires soient nécessaires pour atteindre l’objectif de 30% de protection d’ici 2030.

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Enric Sala, explorateur de la National Geographic Society, a souligné l’urgence de créer 85 nouvelles zones protégées par jour pour atteindre cet objectif ambitieux. La France, quant à elle, a déçu les ONG avec une limitation du chalutage de fond sur seulement 4% de ses eaux. La protection des océans est une course contre la montre et exige des mesures plus audacieuses pour éviter un effondrement écologique.

Le silence assourdissant sur les énergies fossiles

Bien que responsables du réchauffement climatique et de l’acidification des océans, les énergies fossiles ont été largement ignorées lors de ce sommet. Bruna Campos, de l’ONG Ciel, a critiqué cette omission, la qualifiant d’inadmissible. Malgré la pression de nombreux acteurs pour une transition énergétique, la déclaration finale de Nice n’a pas mentionné ces questions cruciales. Protéger les océans sans s’attaquer aux énergies fossiles est une entreprise vouée à l’échec, comme l’a souligné John Kerry, ancien émissaire américain pour le climat.

La communauté internationale doit impérativement intégrer ces enjeux dans ses stratégies de protection marine. Les océans ne pourront être préservés que si les causes profondes de leur dégradation sont adressées, notamment la pollution due aux combustibles fossiles. Les discussions futures devront impérativement inclure ces aspects pour espérer un changement durable.

En conclusion, le sommet de Nice a mis en lumière des avancées significatives, mais aussi des lacunes préoccupantes dans la protection des océans. Alors que la ratification du traité sur la haute mer et l’extension des aires marines protégées sont des succès notables, l’inaction face aux énergies fossiles et aux financements insuffisants pour les pays pauvres soulève des questions. Comment la communauté internationale pourra-t-elle surmonter ces obstacles pour garantir un avenir durable aux océans ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Hery Rakotomavo

Sciences, environnement, santé et société

Hery Rakotomavo

Hery Rakotomavo a enseigné l'histoire-géographie dans un lycée d'Antananarivo puis à Marseille, avant de rejoindre la rédaction. Il suit l'actualité générale, l'éducation et les questions de société, avec des sujets pensés pour être compris sans jargon. Il cultive quelques pieds de vanille sur le rebord de sa fenêtre, sans grand succès.