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La Chine en état d’alerte général : ces data centers spatiaux qui pourraient bouleverser l’équilibre technologique mondial, l’Europe se prépare aussi

Gérald Monnier Par Gérald Monnier
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La Chine en état d’alerte général : ces data centers spatiaux qui pourraient bouleverser l’équilibre technologique mondial, l’Europe se prépare aussi
Illustration de la constellation de satellites formant un data center spatial. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • La Chine a lancé ses premiers satellites pour créer un gigantesque data center spatial.
  • L’Europe explore un projet similaire avec l’étude de faisabilité Ascend, impliquant des entreprises de renom.
  • Les data centers spatiaux promettent des avantages écologiques grâce à l’énergie solaire et un refroidissement naturel.
  • Les défis technologiques restent importants pour égaler les performances des centres de données terrestres.

La conquête de l’espace ne se limite plus aux missions d’exploration ou à l’installation de stations spatiales. Désormais, l’espace est envisagé comme un lieu stratégique pour héberger des infrastructures numériques d’envergure, comme des centres de données. La Chine a pris une longueur d’avance en lançant les premiers satellites d’une constellation qui pourrait révolutionner la gestion des données. Cependant, l’Europe ne reste pas en retrait et explore des pistes similaires. Dans ce contexte, les projets de data centers spatiaux représentent un enjeu majeur pour les puissances technologiques mondiales.

La Chine à la pointe de l’innovation spatiale

La Chine a récemment initié un projet ambitieux visant à créer un ordinateur géant dans l’espace. Ce projet repose sur le lancement de 2 800 satellites qui formeront une constellation capable de traiter et de stocker des données sans recours à des infrastructures terrestres. La start-up chinoise ADA Space est à l’origine des premiers satellites, qui ont été lancés le 14 mai dernier. Bien que ces satellites puissent ressembler à de simples appareils, leur potentiel est immense.

Ces satellites sont conçus pour transmettre des données à une vitesse impressionnante de 100 gigabits par seconde. De plus, ils intègrent des technologies avancées en intelligence artificielle, bien que les détails précis restent pour l’instant confidentiels. Ce projet pourrait permettre à la Chine de se libérer de la dépendance vis-à-vis des centres de données terrestres, marquant ainsi une avancée technologique significative.

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Un projet d’infrastructure européen

En parallèle, l’Europe ne reste pas inactive. Portée par la Commission européenne, l’étude de faisabilité Ascend a rassemblé une douzaine d’entreprises pour explorer la viabilité d’un data center spatial. Cette étude a duré un an et demi et a impliqué des entreprises de renom telles que Thalès Alenia Space et ArianeGroup. Le projet européen envisage la création d’infrastructures spatiales imposantes, conçues pour être plus grandes que la Station spatiale internationale, mais bien plus légères.

Chaque infrastructure pourrait offrir une puissance de calcul d’au moins 200 pétaflops. Pour contextualiser, un pétaflop représente un million de milliards d’opérations par seconde, ce qui est largement supérieur aux capacités des centres de données actuels. Le projet européen prévoit de lancer environ 1 300 de ces structures pour égaler les performances des data centers terrestres.

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Les avantages écologiques et technologiques

Les data centers spatiaux pourraient offrir des avantages écologiques significatifs. Sur Terre, les centres de données consomment énormément d’énergie, principalement pour le refroidissement des équipements. Dans l’espace, l’absence d’atmosphère permet un refroidissement naturel, réduisant ainsi les besoins énergétiques. Les satellites pourraient également être alimentés par des panneaux solaires, éliminant la nécessité de transporter l’énergie depuis la Terre.

En outre, la communication par faisceaux lasers entre satellites pourrait remplacer les câbles sous-marins, souvent sujets à des dommages. Cette technologie simplifierait les échanges de données tout en augmentant la sécurité des transmissions. Cependant, pour que ces infrastructures soient viables, elles doivent offrir des performances comparables aux centres de données terrestres, ce qui représente un défi majeur.

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Les défis technologiques et stratégiques

Malgré leurs avantages potentiels, les projets de data centers spatiaux présentent des défis techniques importants. La consommation énergétique des satellites doit être optimisée pour atteindre les performances nécessaires. Selon Damien Dumestier de Thalès Alenia Space, les satellites actuels de la Chine consomment environ 350 watts chacun. Pour égaler la production d’un gigawatt, il faudrait des millions de satellites, ce qui est irréaliste à court terme.

L’Europe, quant à elle, poursuit ses recherches pour développer des technologies d’assemblage robotique et établir une feuille de route pour l’avenir. Le défi est de taille, mais l’opportunité est immense. En se positionnant comme leader dans ce domaine, l’Europe pourrait non seulement renforcer sa souveraineté technologique, mais aussi contribuer à la création d’un écosystème spatial complet.

Alors que la Chine et l’Europe explorent les possibilités offertes par les data centers spatiaux, une question demeure : ces projets ambitieux pourront-ils réellement transformer notre gestion des données à l’échelle mondiale ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Gérald Monnier

Sciences, environnement, santé et société

Gérald Monnier

Gérald Monnier a été garde forestier dans le Jura pendant près de trente ans. Il couvre l'environnement et les politiques publiques qui s'y rapportent : forêts, eau, biodiversité, décisions des collectivités. Il se lève encore avant l'aube pour compter les oiseaux dans le cadre d'un suivi participatif.