lamido

Sa majesté Bakary Yerima Bouba Alioum a fait la scène durant les manifestations du cinquantenaire de la réunification de Buéa.

A quoi sert l’artiste si tout le monde peut s’arroger son statut. Les célébrations du cinquantenaire de la réunification du Cameroun de Buea  viennent de nous démonter que ces derniers n’ont plus aucune considération sociale. La pièce de théâtre représentative  de nos cultures qui devrait être jouée par des professionnels de la chose a connu le jeu d’une importante autorité traditionnelle du septentrion. Sa majesté Bakary Yerima Bouba Alioum, royauté du lamidat de Maroua vient de montrer aux Camerounais qu’il est comédien, ses notables y compris. « Impossible que ce soit le lamido ! C’est le comédien qui interprète son rôle », s’étonne un fils du septentrion apprenant la nouvelle.
Le fait insolite a fait l’effet d’une mauvaise blague. Il se trouve que lors des répétitions de la pièce « la marche en avant » où toutes les régions sont représentées culturellement, la couleur sahélienne à été remise à un chef accro de star. Les comédiens issus des quatre coins du Cameroun étaient sollicités dans cette fresque. Un artiste du nord retrace  cette incursion historique. « Nous répétions au palais des sports de Yaoundé, sur la pièce du cinquantenaire de la réunification lorsqu’un matin, un responsable a demandé à certains de cesser de venir. Seuls, nous les artistes du septentrion étaient concernés par cette interruption des activités. Surpris de ce qui se passait, il nous a été rapporté qu’un lamido et sa cour viendront jouer. Ce qui nous a paru tout à fait improbable car le lamido n’est pas n’importe qui !» relate un des acteurs suspendu des répétitions. Il s’agissait pour les acteurs originaires du nord de présenter la vie des populations septentrionales. Une interprétation qui ne sera plus qu’une reconstitution folklorique du quotidien de sa majesté.  {sidebar id=15}
La pièce « la marche en avant » de Pierre ismael Bidoum Mpkatt devrait comme en 2010 reconstituer l’univers culturel du Cameroun avec talent et non amateurisme. « En 2010 je me rappelle bien, le lamido de Ngaoundéré avait envoyé ses notables et les parures traditionnelles pour nous habiller et nous accompagner sur la scène lors de la représentation de la pièce. Cela donnait une certaine originalité à la représentation scénique du septentrion et une identité de sa culture si authentique. » se remémore l’un des comédiens ayant participé à l’aventure. Des répétitions spéciales ont été organisées pour sa majesté à domicile. Des experts et cadres de l’administration chargés d’encadrer les acteurs ont fait plusieurs missions de Yaoundé à Maroua pour caler sa prestation. Lorsqu’on sait ce que ça coute la traversée du Cameroun et les frais connexes, on en vient à se demander pourquoi tant de dépenses dans un pays émergent.
Au finish, le décor y était mais la prestance et l’éloquence piètre. C’est l’occasion ou un artiste se sent valoriser quand il représente une pièce de cette envergure. Non seulement c’est son gagne pain, mais il se sent honoré de jouer devant la plus haute autorité du pays. A la dernière minute, un seul des comédiens a été rappelé pour la représentation de la pièce qui a eu lieu le 18 février 2014 à l’amphithéâtre de l’université de Buea. Une manière de masquer la farce de dénigrement artistique organisée. Ce n’est pas mauvais qu’une autorité traditionnelle de cette trame monte sur scène, mais il ne saurait remplacer un artiste dans son métier à une occasion aussi grandiose. Un scandale artistique qu’il convient de rectifier pour que l’art camerounais ne soit plus tourner en bourrique.

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