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Sophie Adenot : retour sur Terre après 235 jours dans l’ISS

Amerrie dans le Pacifique avec trois équipiers, l’astronaute de l’ESA détient le record européen de durée continue en orbite et entame trois semaines de réadaptation à Cologne.

Anaïs Perrot Par Anaïs Perrot
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Sophie Adenot : retour sur Terre après 235 jours dans l’ISS
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La capsule Crew Dragon de la mission Crew-12 s’est posée jeudi 8 octobre à 15h34 GMT, soit 17h34 à Paris, sur les eaux du Pacifique, au large de la Californie. À son bord, la Française Sophie Adenot et trois autres membres d’équipage, au terme d’un voyage de retour de plus de 27 heures, d’après la retransmission de la Nasa rapportée par Sciences et Avenir.

En bref

  • À son bord, la Française Sophie Adenot et trois autres membres d’équipage, au terme d’un voyage de retour de plus de 27 heures, d’après la retransmission de la Nasa rapportée par Sciences et Avenir .
  • Numerama avance pour sa part un total d’environ 237 jours cumulés : les deux décomptes diffèrent légèrement, mais les deux médias confirment le record.
  • Le Cadmos, centre du CNES à Toulouse, a piloté une trentaine d’expériences, dont sept conçues pour Epsilon.

Du désarrimage à l’amerrissage

Le départ de la station spatiale était fixé au mercredi 7 octobre à 14h05, heure de Paris. L’ESA et la Nasa avaient prévu de diffuser l’opération en direct, comme le détaille Numerama, qui a ensuite confirmé que la capsule s’était bien séparée de l’ISS et que le retour se déroulait normalement.

Les dernières minutes ont réservé de fortes sensations : traversée rapide de l’atmosphère, ralentissement par de puissants parachutes et coupure des communications. Une fois la capsule sur l’eau, un navire spécialisé l’a hissée à son bord. Les quatre astronautes en ont été extraits un par un, avec l’aide de plusieurs personnes, puis installés dans des fauteuils pensés pour éviter syncopes et chutes, leur organisme n’étant plus habitué à la gravité terrestre.

Bill Spetch, un responsable de la Nasa, a indiqué que l’équipage était en bonne forme et que les quatre astronautes souriaient en quittant la capsule. Des examens médicaux préliminaires devaient avoir lieu sur le navire, avant un transfert en hélicoptère vers la terre ferme puis un vol vers Houston, au Texas, où se trouve le centre de la Nasa consacré aux astronautes.

Qui était à bord

  • Sophie Adenot, astronaute de l’ESA, spécialiste de mission, pour sa première mission spatiale, baptisée Epsilon ;
  • Jessica Meir, de la Nasa, commandante de Crew-12 ;
  • Jack Hathaway, de la Nasa, pilote du vaisseau, pour son premier séjour dans l’espace ;
  • Andreï Fediaïev, cosmonaute russe de Roscosmos, déjà venu sur l’ISS en 2023 avec l’équipage Crew-6.

Les quatre équipiers avaient quitté la Terre en février. Selon Sciences et Avenir, ils ont passé 235 jours à environ 400 kilomètres d’altitude, ce qui permet à Sophie Adenot de signer la plus longue présence continue en orbite pour un astronaute européen, femmes et hommes confondus. Numerama avance pour sa part un total d’environ 237 jours cumulés : les deux décomptes diffèrent légèrement, mais les deux médias confirment le record.

Une première pour la France

Colonelle de l’Armée de l’Air et pilote d’hélicoptère, Sophie Adenot suit les pas de Claudie Haigneré : elle est la deuxième Française à partir en mission spatiale. Elle est aussi la première à avoir effectué des sorties extravéhiculaires : trois, les 18 et 25 août puis le 1er septembre, pour 19h42 au total. À propos de ces sorties, qui restent le moment fort de son séjour, elle a confié : « Ça a été une expérience extraordinaire », en les comparant au fait d’ouvrir la portière d’une voiture et de se retrouver au bord d’une falaise.

Le corps après des mois d’apesanteur

En orbite, l’organisme s’adapte à l’absence de gravité, ce qui entraîne une perte de masse osseuse, une fonte des muscles, un affaiblissement des capacités cardiaques et des troubles de la vue. Pour les chercheurs, les premiers jours après le retour sont les plus précieux. Selon Numerama, l’équilibre et la circulation sanguine retrouvent vite leurs repères, tandis que les os demandent beaucoup plus de temps pour se reconstruire.

Après des mois passés dans un environnement clos, l’astronaute est aussi plus exposée aux infections : hors de ses proches, elle n’a donc que très peu de contacts.

Trois semaines de réadaptation à Cologne

L’ESA attendait Sophie Adenot à Cologne, en Allemagne, vendredi 9 octobre, au centre de formation des astronautes européens. Elle y suit un programme de récupération et de réadaptation d’environ trois semaines. L’agence explique qu’un retour direct à Cologne lui permet de mieux maîtriser les conditions entourant l’astronaute, afin de protéger sa santé et de garantir la fiabilité des études scientifiques menées après le vol.

Ces examens prolongent les mesures réalisées pendant la mission. L’expérience PhysioTool, conçue par le CNES, s’appuyait sur des capteurs portés à la ceinture pour suivre tension, rythme cardiaque, respiration et oxygénation des muscles et du cerveau. Le Cadmos, centre du CNES à Toulouse, a piloté une trentaine d’expériences, dont sept conçues pour Epsilon.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : SpaceX. Licence : CC0.

Anaïs Perrot

Sciences, environnement, santé et société

Anaïs Perrot

Anaïs Perrot a préparé une thèse en écologie microbienne à Dijon avant de choisir la vulgarisation plutôt que la paillasse. Elle traite les sciences et la santé, en remontant chaque fois à l'étude d'origine et à la taille de son échantillon. Elle fait partie d'un club d'astronomie amateur qui se réunit les nuits sans lune.