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« Ils savaient tout » : le projet DEFUSE dévoile des secrets terrifiants sur l’origine présumée du Covid-19 et relance la théorie du virus échappé d’un laboratoire

Gérald Monnier Par Gérald Monnier
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« Ils savaient tout » : le projet DEFUSE dévoile des secrets terrifiants sur l’origine présumée du Covid-19 et relance la théorie du virus échappé d’un laboratoire
Illustration de l'hypothèse controversée de l'origine du Covid-19 à travers le projet DEFUSE, générée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • Le projet DEFUSE visait à modifier des coronavirus de chauves-souris pour les rendre plus contagieux chez l’humain.
  • Les similarités entre les sites de restriction du SARS-CoV-2 et ceux proposés par DEFUSE ne constituent pas une preuve de manipulation humaine.
  • L’hypothèse d’un accident de laboratoire à Wuhan reste plausible, même sans la réalisation du projet DEFUSE.
  • L’hypothèse zoonotique demeure forte, bien qu’un support viral inconnu pourrait étayer une origine artificielle.

Le projet DEFUSE a récemment attiré l’attention du public et des scientifiques en raison de ses implications possibles dans l’origine du Covid-19. Développé par EcoHealth Alliance, ce projet visait à « désamorcer » les menaces posées par les coronavirus de chauves-souris. Bien que jamais financé, le contenu du projet DEFUSE soulève des questions cruciales sur la possibilité d’une fuite de laboratoire comme origine du virus. Alors que certains éléments semblent corroborer cette hypothèse, la communauté scientifique reste divisée, maintenant la possibilité d’une origine zoonotique. Dans cet article, nous explorerons les différents aspects de cette controverse à travers l’analyse des objectifs du projet DEFUSE et des découvertes scientifiques.

Un coronavirus modifié pour le rendre plus infectieux chez l’humain

Le projet DEFUSE proposait de modifier un coronavirus de chauve-souris pour le rendre plus contagieux chez l’humain, une idée qui suscite des inquiétudes. Selon Alexandre Hassanin, phylogénéticien à la Sorbonne, ce projet est accablant car il révèle une intention potentielle d’altération virale. Renaud Piarroux, épidémiologiste à la Pitié-Salpêtrière, souligne que de nombreux chercheurs s’accordent à dire que des projets non financés peuvent être poursuivis en parallèle. Cette réalité alimente l’idée que le laboratoire de Wuhan possédait les compétences nécessaires pour mener à bien de telles modifications en 2018. Bien que le projet n’ait pas été financé, sa simple existence suffit à maintenir en vie l’hypothèse d’une fuite de laboratoire.

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Le « portrait-robot » du virus du Covid-19

Dans les plans du projet DEFUSE, le virus devait être conçu en six parties égales, une technique courante pour la synthèse de grands génomes. Les sites de restriction identifiés dans le SARS-CoV-2 correspondent à ceux proposés dans le projet DEFUSE, selon le virologue Etienne Decroly. Cependant, ces similarités ne constituent pas une preuve irréfutable de manipulation humaine, car ces sites peuvent survenir naturellement. L’ajout d’un site de clivage par la furine, une caractéristique unique du SARS-CoV-2, renforce les suspicions. Renaud Piarroux remet en question la coïncidence de l’émergence du virus à Wuhan, juste après la proposition de DEFUSE. Néanmoins, la communauté scientifique s’accorde à dire que des preuves supplémentaires sont nécessaires pour confirmer une altération artificielle.

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L’hypothèse de l’accident de laboratoire tient même sans DEFUSE

Indépendamment du projet DEFUSE, l’hypothèse d’un accident de laboratoire reste plausible. Les scientifiques du WIV possédaient les compétences pour travailler sur des coronavirus bien avant la pandémie. Etienne Decroly explique que les risques liés aux recherches en virologie sont multiples, allant de l’échantillonnage à la culture virale. Les expériences de passages en série sur des souris humanisées sont un exemple de la manière dont le virus aurait pu s’adapter à l’humain. Bien que le site de clivage par la furine n’apparaisse pas lors de ces expériences, l’accident de laboratoire demeure une hypothèse crédible. Les chercheurs soulignent qu’une transparence totale de la part du WIV est nécessaire pour avancer dans cette enquête.

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Un support viral inconnu : l’argument pro-zoonose

Malgré les spéculations autour du projet DEFUSE, l’hypothèse zoonotique reste forte. Florence Débarre, directrice de recherche au CNRS, affirme qu’aucun virus connu n’aurait pu servir de support pour créer le SARS-CoV-2 en laboratoire. La découverte tardive de séquences virales, comme le RaTG13, montre que les chercheurs peuvent ne publier que des années après. Le WIV pourrait disposer d’une banque de génomes plus vaste que ce qui est publiquement accessible. Alexandre Hassanin évoque la possibilité d’un coronavirus de pangolin jouant un rôle intermédiaire. Cependant, sans accès aux documents du WIV ou à des preuves de cas précoces, ces hypothèses ne peuvent être vérifiées. La question reste ouverte : quelles preuves supplémentaires sont nécessaires pour déterminer l’origine du Covid-19 ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Gérald Monnier

Sciences, environnement, santé et société

Gérald Monnier

Gérald Monnier a été garde forestier dans le Jura pendant près de trente ans. Il couvre l'environnement et les politiques publiques qui s'y rapportent : forêts, eau, biodiversité, décisions des collectivités. Il se lève encore avant l'aube pour compter les oiseaux dans le cadre d'un suivi participatif.