Environnement

La ligne Paris-Milan en péril : ces événements climatiques extrêmes qui perturbent dramatiquement le trajet des voyageurs et menacent l’économie européenne

Anaïs Perrot Par Anaïs Perrot
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La ligne Paris-Milan en péril : ces événements climatiques extrêmes qui perturbent dramatiquement le trajet des voyageurs et menacent l’économie européenne
Illustration de la ligne ferroviaire Paris-Milan coupée par une coulée de boue dans les Alpes françaises. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Une coulée de boue provoquée par des orages violents a coupé la ligne Paris-Milan, soulignant la fragilité des infrastructures face aux éléments.
  • La SNCF travaille avec des scientifiques pour évaluer les vulnérabilités de son réseau et mieux s’adapter au changement climatique.
  • Les événements climatiques extrêmes causent des perturbations majeures, comme les inondations qui ont paralysé les trains entre Lyon et Saint-Étienne.
  • Les conséquences des intempéries s’étendent au-delà des voies ferrées, affectant également les habitations et les axes routiers locaux.

Les infrastructures de transport, essentielles à notre quotidien, sont de plus en plus mises à l’épreuve par les effets du changement climatique. La ligne ferroviaire Paris-Milan en est un exemple frappant. Récemment fermée en raison d’une coulée de boue dans les Alpes françaises, elle symbolise les défis auxquels fait face le secteur ferroviaire pour s’adapter aux conditions climatiques extrêmes. Cette situation intervient seulement trois mois après sa réouverture suivant une longue interruption de 19 mois, soulignant les menaces croissantes auxquelles ces infrastructures sont confrontées.

Les impacts du climat sur les infrastructures ferroviaires

La récente fermeture de la ligne Paris-Milan a été provoquée par un violent orage, conséquence directe des fortes chaleurs estivales. Les précipitations intenses ont entraîné une coulée de boue qui a recouvert les voies à proximité de Modane, en Savoie. Ce phénomène s’est accompagné d’une crue exceptionnelle d’un torrent local, aggravant la situation. Les infrastructures ferroviaires, déjà identifiées par SNCF Réseau comme géologiquement fragiles, doivent désormais composer avec ces événements climatiques de plus en plus fréquents.

En août 2023, un épisode similaire avait déjà causé un éboulement majeur, interrompant le trafic pendant plus d’un an et demi. Ces événements démontrent l’importance de repenser la résilience des voies ferrées face aux aléas climatiques. En effet, le changement climatique exacerbe les phénomènes météorologiques extrêmes, nécessitant des ajustements rapides et efficaces pour éviter de telles interruptions à l’avenir.

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SNCF Réseau face au défi climatique

SNCF Réseau a fait de l’adaptation au changement climatique une priorité stratégique depuis environ trois ans. En collaborant avec des scientifiques, l’entreprise publique s’efforce d’appliquer des modèles climatiques pour évaluer les vulnérabilités de ses infrastructures. L’objectif est d’anticiper un réchauffement de 2,7 degrés d’ici 2050 et de 4 degrés à l’horizon 2100, en se basant sur des projections gouvernementales.

Deux menaces principales ont été identifiées : la végétation, qui croît davantage avec les températures élevées, et les précipitations qui provoquent des inondations fréquentes. La végétation envahissante nécessite une gestion plus rigoureuse, d’autant plus avec l’interdiction du glyphosate, tandis que les précipitations intensifient le retrait-gonflement des sols argileux, endommageant les rails.

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Les dégâts causés par les phénomènes climatiques

Les dégâts causés par la tempête Leslie en octobre, qui a interrompu les trains entre Lyon et Saint-Étienne, illustrent les conséquences des crues et des pluies diluviennes. Près de 20 000 passagers par jour ont été affectés par cette interruption de près de trois semaines. Ailleurs en Europe, les inondations de fin octobre à Valence ont paralysé les TGV entre Madrid et Valence pendant 15 jours, soulignant le caractère mondial de ce problème.

Outre les inondations, la chaleur constitue une autre menace pour les infrastructures ferroviaires. Les fortes températures entraînent la dilatation des rails et des caténaires, nécessitant parfois des réductions de vitesse pour éviter les ruptures. Ces perturbations, bien que temporaires, ont des répercussions significatives sur la circulation des trains et la satisfaction des passagers.

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Conséquences au-delà des voies ferrées

Les événements récents montrent que les conséquences des phénomènes climatiques ne se limitent pas aux infrastructures ferroviaires. En vallée de Maurienne, l’orage a endommagé des habitations, des commerces et des bâtiments publics, inondant une centaine de caves. Les axes routiers ont également été touchés, avec plusieurs fermetures temporaires de routes départementales.

Dans les Hautes-Alpes, la commune de Val-des-Prés a subi des inondations touchant des habitations et un camping, tandis qu’une coulée de boue a coupé une route nationale. Ces incidents soulignent la nécessité d’une approche intégrée pour la gestion des risques climatiques, incluant la protection des infrastructures critiques et des communautés locales.

Alors que le changement climatique continue d’imposer ses défis, comment les gestionnaires d’infrastructures et les décideurs politiques peuvent-ils garantir la résilience et la pérennité de nos systèmes de transport face à ces phénomènes de plus en plus fréquents et intenses ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Anaïs Perrot

Sciences, environnement, santé et société

Anaïs Perrot

Anaïs Perrot a préparé une thèse en écologie microbienne à Dijon avant de choisir la vulgarisation plutôt que la paillasse. Elle traite les sciences et la santé, en remontant chaque fois à l'étude d'origine et à la taille de son échantillon. Elle fait partie d'un club d'astronomie amateur qui se réunit les nuits sans lune.